Vendredi 27 octobre 2006
5
27
/10
/Oct
/2006
10:33
En ce moment, nous travaillons sur un projet télé que nous avons appellé, en attendant, "Chroniques".
Cèkwadonk?
En fait, avec nos petites caméras, on a passé notre temps à nous filmer les uns et les autres dans diverses situations de la vie quotidienne... Juste comme ça, pour passer le temps au départ.
Les événements ont fait que, au passage, on a aussi filmé notre amie Frédérique qui était à ce moment là en train de combattre le cancer qui la rongeait, mais aussi Karim qui devait présenter notre film au Festival de Venise, moi-même sur le point de me faire opérer de la gorge, etc. etc.
Donc, petit à petit, on s'est dit qu'on tenait là quelque chose qui pouvait être fort si un peu structuré et on a décidé de voir si tout ce foutoir pouvait avoir un sens après avoir été monté.
Là, on a dérushé des heures et des heures de cassettes pour arriver à un premier prémontage d'environ 8h.
L'ennui, c'est que ça reste un gros bordel qui passe d'émotions très fortes (Frédérique) à des sujets hyper légers (genre conversation entre gens fracassés à l'herbe qui rend nigaud) et qu'il manque une sorte de fil conducteur.
Une copine réalisatrice à la RTBF (notre chaîne nationale belge), en voyant tout ça a eu la brillante idée de suggérer que, puisque je suis souvent en position de témoin qui analyse ce qu'il se passe ou qui guide et conseille les autres zouaves, ça serait bien que je sois filmé, ma pomme tout seul face caméra, et que je commente un peu tout.
Oui mais... Ca signifie que je dois revoir certes des passages joyeux, mais aussi supporter de revoir les dernières images d'une amie qui me manque... Ca signifie que je dois me replonger, assimiler et synthétiser cette année de merde pour ensuite en parler, parler, et parler encore... Suis-je capable de cela? Je n'ai pas pu participer au montage des cassettes de Frédérique. Vais-je pouvoir les revoir et supporter le poid du vide qu'elle a laissé?
La techonologie peut être aussi merveilleuse que douloureuse... Revoir ceux qui sont partis est magique mais aussi pénible.
Bon... J'arrête de me poser des questions parce que, quoi qu'il arrive, il va bien falloir que j'affronte un jour ce deuil de plein fouet.
J'vous raconterai... peut-être...
A une prochaine.
Commentaires