Vendredi 6 janvier 2006 5 06 /01 /Jan /2006 13:00

Débuts balbutiants sur Infonie… Quand on ne sait pas où on va, le premier pas est souvent dans la mauvaise direction.

 

 

Sur ce site, y a un semblant de tchat. En fait, une liste de nicks (je me demandais qui pouvaient bien être des Banane69, Pussycat, Kokine ou encore Asstomouth… Je n’ai toujours pas de réponse) sur lesquels il fallait cliquer pour envoyer un pop-up et, avec un brin de bol, entamer une ébauche de dialogue.

 

 

Y avait même une section réservée aux dialogues « hot », fréquentée normalement par des adultes consentants, mais sentant fortement le con (pas le sexe féminin, le con basique, le pubère boutonneux à lunettes en l’occurrence).

 

 

Je tente, j’envoie quelques messages comme autant de bouteilles à la mer, loin de me douter encore que je les balance en réalité dans un océan infini d’incompréhension totale.

 

 

C’est à ce moment là, je pense, que j’ai pris totalement conscience du fait que l’écrit était sans doute la forme de communication la plus parasitée entre l’émetteur et le récepteur. Dingue comme un simple « Bonjour, ça va ? » peut-être interprété de mille manières différentes suivant celui ou celle qui va le lire à l’arrivée. Votre « bonjour, ça va ? » se transforme variablement entre deux extrêmes, de « Salut, je suis débile et j’ai rien trouvé de mieux à dire », à « Salut, on baise ? », mais jamais en « Bonjour, ça va », simple formule de politesse préalable à n’importe quelle discussion.

 

 

Il fallait donc, dans ce monde si particulier, se re-créer, se recomposer, se réinventer, se démarquer, se marginaliser… Bref, il fallait ré-exister. Déjà que c’est pas de plus évident dans la vie réelle de simplement exister, j’en veux pour preuve le nombre incroyable de personnes qui se cherchent encore à l’heure de leur mort, mais si en plus il faut parvenir à exister dans deux mondes différents… Bonjour le challenge !

 

 

Step one : trouver une identité particulière. Bon, Dan ou Daniel, comme nick, y a mieux… Je cherche un moment, ne trouve pas trop bien quel surnom pourrait convenir. Je regarde un peu ce que donnent ceux des autres :

 

 

Viper, Death, CobraSnake ou encore Blade, pas pour moi. Je laisse ce genre de truc à ceux qui se font engueuler au boulot à longueur de journée et se posent en super héros sur le Net.

 

 

Penetrator, Bitenbois, FuckLikeAGod… Heu… Z’êtes gentils, mais de ce côté-là, tout va bien. Pas besoin d’exprimer une frustration qui n’a pas lieu d’être.

 

 

Despair,  BlackTorment, RomantiK, Xanax,… ‘tain ! S’échapper d’un monde de merde pour aller pourrir l’autre avec sa désespérance à deux balles, très peu pour moi.

 

 

Cherche, cherche, cherche…

 

 

C’est à ce moment que mon regard perdu est entré en collision avec l’étagère à BD… Les Eaux de Mortelune… Jerome ? Nicolas ? Trop commun, autant garder Daniel… Malik ? Suis pas pourri à ce point-là. Mortelune s’est donc imposé… Jouant sur l’ambivalence, correspondant à une certaine forme de décadence qui collait bien à mon esprit du moment, en rapport direct avec Paris, qui s’imposait de plus en plus dans ma tête (d’ailleurs, je suis allé y vivre quelques temps plus tard – autre histoire)… Mortelune était né.

 

 

Step two : Imposer cette nouvelle identité aux yeux ébahis du monde internautique.

 

 

Le nom trouvé, c’était bien. Oui, mais j’étais toujours sur Infonie et je commençais à me dire que, décidément, le monde du Net était bien restreint et pitoyable, finalement. C’est là que j’ai entendu parler de rendez-vous.be

 

 

Ah ah ! Un site de rencontres, avec un peu de tout à y faire… Forums de discussion, pop-up, messages privés, organisation de soirées… Miam ! Et le tout gratuit ! (depuis, c’est tellement payant que j’y vais plus – 4 euros par mois pour lire toujours les mêmes répliques des mêmes mongols et recevoir les mêmes messages des mêmes désespérés de l’amour, j’préfère encore acheter l’intégrale de Max Pecas en DVD, tiens).

 

 

Je fonce, je vais développer Mortelune, le porter au sommet, en faire mon côté sombre sublimé…

 

 

Les forums sont le lieu idéal pour ça, mais je ne m’y connais pas trop. Par là, je veux dire que j’ignorais totalement l’existence des trolls et des ravages que leur attitude peut provoquer sur les nerfs. Et j’ignorais aussi totalement que j’en étais un de première classe !

 

 

Mais bon, comme à chaque jour suffit sa peine…

 

 

Stay tunned !

 

 

Par Mortelune - Publié dans : Anamnèse
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Jeudi 5 janvier 2006 4 05 /01 /Jan /2006 14:12

Mi-figue pourrie, mi-raisin sucré fut donc 1999...

 

 

 

Au delà des problèmes existentiels basique liés à un chagrin d'amour, tel que chercher la meilleure position pour se tenir sur l'appuie de fenêtre afin de contempler les étoiles en s'interrogeant sur la futilité de notre place dans l'univers, attitude hautement romantique s'il en est, au delà donc de ces choses que l'on fait dans ces états de désespérance jeunewertherienne, il subsiste toujours un vide.

 

 

 

Parce que, même si vous avez la chance de croiser un typhon pour ces balades nocturnes où vous avez envie que le monde reflète vos tourments intérieurs, même si vous parvenez à dépasser ce stade de refus de la beauté des choses simples sans devenir un gothique attardé, même si vous surmontez allègrement le chagrin grâce à vos potes redevenus présents parce qu’ils ne l’aimaient pas, elle, et qu’ils n’avaient jamais compris ce que vous faisiez avec cette salope mais qu’ils n’osaient pas vous le dire, même si vous êtes de plus en plus conforté dans l’idée que, finalement, c’est mieux comme ça (les lieux communs qu’on peut entendre dans ces situations : Ca ira mieux demain ; elle te méritait pas ; une de perdue dix de retrouvées,…), même si, même si, même si… votre amour-propre a été profondément malmené. Le doute du vide, le vide du doute. Qui suis-je, d’où viens-je mais surtout, bordel, où vais-je ?

 

 

 

Vous avez déjà tenté d’écrire dans un état pareil ?

 

 

 

La gueule des textes… Misérablement minables ! On dirait les extraits d’un journal intime rédigé par un fan de Lorie sous antidépresseurs.

 

 

 

Et plus vous en faites, plus vous vous dites que vous n’arriverez plus jamais à écrire quoi que ce soit de valable. Il ne reste plus guère qu’à entamer votre propre nécro qui sera tout aussi minable que le regard que vous portez sur vous-même. Ca donnerait un truc du genre : « Daniel ne fut jamais rien du tout et encore moins quoi que ce soit de plus ou moins exceptionnel. Abandonné de tous il s’est donné la mort à plusieurs reprises sans y arriver vu qu’il ratait tout ce qu’il entreprenait et c’est par la grâce d’un étron canin abandonné sur le trottoir qu’il fit une mauvaise chute qui lui fut fatale. Il sera mort comme il aura vécu : comme une merde et le nez dedans ».

 

 

 

Fin 1999, en désespoir de vide et en vue de redorer un blason terni par mes propres soins suite au doute dont il vient d’être question, j’achète un modem et je me connecte à ce fabuleux et totalement abstrait monde du Net.

 

 

 

Qu’est-ce que j’y cherche ? Qu’est-ce que je fous là au juste ?

 

 

 

Et si c’était le sujet du prochain texte, hein ?

 

 

 

Stay tunned.

 

 

 

Par Mortelune - Publié dans : Anamnèse
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Mercredi 4 janvier 2006 3 04 /01 /Jan /2006 14:40

Promesse, Serment, Obligation… Contrainte.

Mais merde ! L’écriture est un plaisir et doit le rester !

 

Que m’est-il donc arrivé pour que plus rien ne sorte ?

Fut un temps où, encore jeune et beau (c’est le Net, on a le droit de tricher), des textes surgissaient en cascade dans mon occiput limite annexe des chutes du Niagara.

Aujourd’hui, c’est la sécheresse, les chutes sont devenues un souvenir de filet d’eau dans un égout désaffecté où les seuls rats qui subsistent sont depuis longtemps réduits à de jolis petits tas d’os.

Quid donc ?

Tentative d’anamnèse.

1998, année de mes 30 printemps. Je me rachète un pc tout neuf sur lequel j’installe en priorité Word. Je me mets à écrire fébrilement tout ce qui traînait sur papiers griffonnés à la hâte, tout ce qui mûrissait dans ma tête et même ce qui y pourrissait depuis un bail. Année cathartique.

1999, si vous savez calculer, vous aurez vite deviné que je m’approche à grands pas des 31 ans. C’est l’année terrible de ma rupture avec celle que je pensais être la femme de ma vie. Elle n’aura pas tenu jusqu’au nouveau millénaire, nouvelle preuve que l’amour n’est éternel que si les deux amants périssent de concert. Je me porte bien, merci.

Le chagrin d’amour est une des plus belles sources d’inspiration, une des plus motivantes car quel que soit le texte, quel que soit son sujet, on écrit toujours pour l’être perdu qu’on continue d’aduler ou qu’on maudit, qu’on glorifie béatement ou qu’on massacre cyniquement.

Oui, mais voilà… J’étais déjà vidé, j’avais déjà évacué. Pour faire dans la métaphore de bon goût, j’avais déjà allègrement chié et je ne me sentais aucune prédisposition diarrhéique.

Par delà l’amour et la haine, comme l’aurait titré Nietzsche s’il s’était fait sucer plus souvent, il ne restait rien.

1999, année noire ?

Pas totalement… C’est aussi l’année où j’ai réellement commencé ma collaboration avec Karim, jeune réalisateur en devenir (à l’époque. Depuis, les choses ont changé, mais ce sera le sujet d’un autre texte). Collaboration basée sur le fait qu’il écrivait à peu près aussi bien en français qu’un analphabète moldave. Ca ne l’empêchait pas d’avoir des idées, d’excellentes idées même, mais il lui manquait le moyen de les exprimer au mieux. Ce moyen, c’était moi… Et nous avons collaboré, et nous avons écrit, et nous avons filmé.

Cependant, le ver était en moi. Le doute, le manque de confiance, la perte de repères… Quand vous vous retrouvez seul après plusieurs années de vie commune, c’est encore pire que d’avoir été seul toute sa vie parce que, au grand jeu de cons du gentil couple parfait, vos amis ont insidieusement été remplacés, vos connaissances se sont évanouies dans les limbes du verre que vous n’alliez plus prendre, ou, dans mon cas, des compétitions de billard que j’avais abandonné au profit d’une paisible, trop sans doute, retraite cocooneuse (ou con-coneuse ? J’hésite à présent). En bref : vous vous retrouvez non seulement seul membre d’un couple mort, mais en plus isolé socialement vu que vos connaissances n’apprécient guère les veillées mortuaires. Comme pourrait le dire Van Damme : 2 divisé par 2 n’égale pas 1+1, mais zéro !

Et là, je me rends compte que j’en ai déjà beaucoup dit pour aujourd’hui… En plus, j’ai quelques dossiers qui s’accumulent sur mon bureau et qui me lancent des regards désespérés.

Stay tunned.

A demain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Mortelune - Publié dans : Anamnèse
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Mardi 3 janvier 2006 2 03 /01 /Jan /2006 11:32

2006 vient de sonner à la porte et j'espère que cette putain d'année sera meilleure que la pourrie qui vient de se barrer en courant...

Nouvelle année = résolutions à la con qu'on se doit de tenir pour conserver un semblant de dignité, au moins jusqu'au 10 janvier.

Et ma résolution à moi que j'ai, devinez?

Ecrire de nouveau...

Le fait est que je suis censé être noveliste, scénariste et autre trucs en iste ayant un rapport plus ou moins proche avec l'écriture.

Le fait est aussi que l'inspiration, cette garce de muse aux moeurs dissolues et aussi fidèle qu'une chatte en chaleur, s'est cassée avec je ne sais quel salaud auquel elle doit être en train de faire ces petites gâteries que j'adorais tant le soir venu, après une journée de labeur acharné... 

Le fait est enfin que quelques personnes comptent sur moi pour que je tapote ce fichu clavier en donnant sens à des caractères qui formeront des jolis mots, qui eux-mêmes formeront des phrases, qui devraient s'assembler pour, merveille de cohérence linguistique, devenir textes.

Alors pourquoi juste un blog?

Parce que depuis que la garce s'en est allée, non content de m'enfoncer dans le marasme du créatif abandonné, je me suis installé dans le confort sournois des bras accueillants de la procrastination, qui s'est rapidement changée en maîtresse dominatrice.

Il est temps que je m'exerce. Il est temps que je me reprenne.

M'obliger à rédiger ne fut-ce que quelques lignes chaque jour devrait me permettre de sortir de cette lourde torpeur et, qui sait, me rendre à nouveau séduisant pour la garce susnommée.

Pourquoi avoir choisi "Société"? **

Ma foi, c'est plus par élimination qu'autre chose... On verra si quelque chose convient mieux à l'avenir.

Perso, j'vais me recoucher après cet abominable effort.

Stay tunned... Et si vous avez des questions... Gardez-les au chaud, je repasse plus tard. 

 

 

**: A y est, j'ai vu qu'il y avait une catégorie "Journal intime". C'est bon, j'y suis!

Par Mortelune - Publié dans : Sur le vif
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