Vendredi 27 octobre 2006
En ce moment, nous travaillons sur un projet télé que nous avons appellé, en attendant, "Chroniques".

Cèkwadonk?

En fait, avec nos petites caméras, on a passé notre temps à nous filmer les uns et les autres dans diverses situations de la vie quotidienne... Juste comme ça, pour passer le temps au départ.

Les événements ont fait que, au passage, on a aussi filmé notre amie Frédérique qui était à ce moment là en train de combattre le cancer qui la rongeait, mais aussi Karim qui devait présenter notre film au Festival de Venise, moi-même sur le point de me faire opérer de la gorge, etc. etc.

Donc, petit à petit, on s'est dit qu'on tenait là quelque chose qui pouvait être fort si un peu structuré et on a décidé de voir si tout ce foutoir pouvait avoir un sens après avoir été monté.

Là, on a dérushé des heures et des heures de cassettes pour arriver à un premier prémontage d'environ 8h.

L'ennui, c'est que ça reste un gros bordel qui passe d'émotions très fortes (Frédérique) à des sujets hyper légers (genre conversation entre gens fracassés à l'herbe qui rend nigaud) et qu'il manque une sorte de fil conducteur.

Une copine réalisatrice à la RTBF (notre chaîne nationale belge), en voyant tout ça a eu la brillante idée de suggérer que, puisque je suis souvent en position de témoin qui analyse ce qu'il se passe ou qui guide et conseille les autres zouaves, ça serait bien que je sois filmé, ma pomme tout seul face caméra, et que je commente un peu tout.

Oui mais... Ca signifie que je dois revoir certes des passages joyeux, mais aussi supporter de revoir les dernières images d'une amie qui me manque... Ca signifie que je dois me replonger, assimiler et synthétiser cette année de merde pour ensuite en parler, parler, et parler encore... Suis-je capable de cela? Je n'ai pas pu participer au montage des cassettes de Frédérique. Vais-je pouvoir les revoir et supporter le poid du vide qu'elle a laissé?

La techonologie peut être aussi merveilleuse que douloureuse... Revoir ceux qui sont partis est magique mais aussi pénible.

Bon... J'arrête de me poser des questions parce que, quoi qu'il arrive, il va bien falloir que j'affronte un jour ce deuil de plein fouet.

J'vous raconterai... peut-être...

A une prochaine.
Par Mortelune - Publié dans : Mise en abyme
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Jeudi 26 octobre 2006
Ces derniers temps, le temps se tasse.

Il m'arrive de plus en plus fréquemment d'avoir des moments de libre où j'ai envie d'exprimer des choses et d'autres et où, finalement, je ne prends que le temps d'avoir un peu de temps.

Quel gâchis dirons certains, c'est mieux comme ça penseront d'autres.

En surface, je rejoindrais volontier les seconds mais au fond de moi, j'ai un sentiment de manque.

Manque d'écrire d'humbles conneries sur tout, sur rien, surtout sur rien.

Donc, il est possible... possible mais pas sûr et certain qu'un de ces jours, je reprenne mon clavier de pélerin pour fustiger ici et là les travers plus ou moins visibles de mes frères humains ainsi que les miens propres (ne sois jamais persuadé d'être au dessus de la mèlée, petit scarabée, t'es une fiente comme les autres, me disait mon maître qui en était une lui-même).

Bref... je ne sais si je tiendrai le rythme d'un texte par jour, j'en doute même très fort, mais je vais tâcher d'éviter de perdre mon temps à contempler les diptères énervés ou à écouter pousser mes cheveux.

Comment je disais déjà?

Ah vi...

Stay tunned!
Par Mortelune - Publié dans : Choses et autres
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Vendredi 9 juin 2006

Bon...

Plus de temps, plus d'inspiration, plus d'envie même d'écrire ici... L'est temps de tirer un trait.

Je remercie les rares personnes qui ont placé quelques rares commentaires et les rares visiteurs dont je ne sais même pas s'ils survolaient ou lisaient.

A ciao. Je laisse les quelques textes pour ceux que ça intéresserait. Bonne mumuse à tous, portez-vous bien, plein de bonnes choses, et toutes ces sortes de choses! :)

Par Mortelune - Publié dans : Choses et autres
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Mardi 30 mai 2006

Et non, amis ronnys tuneurs, il n'est pas question pour moi de parler de cette infecte bouse commise par Rob Cohen au sujet de grosses tutures qui font beaucoup de bruit pour rien...

Non, non... "The furious", c'est moi.

Furious contre les fasts, les miliers, les dizaines de milliers, les centaines de milliers de "fasts"

Pas question non plus de les décrire tous en détail, du fast-food à la fast-culture en passant par la fast-baise, parce que vaut mieux en garder sous la pédale pour de futurs articles.

Je me contenterai, ce jour, des fast-writers, ou éjaculateurs précoces de l'écriture.

Aujourd'hui, grâce notamment à l'Internet, mais aussi, par un biaisage "culture-notoriété", grâce à la télévision, on voit de plus en plus poindre des textes, romans, nouvelles, powèmes à deux balles qu'on dirait rédigé sur du papier cul entre deux attaques de dissenterie.

L'effet de nivellement par le bas est effrayant: on porte aux nues des "auteurs" qui, en d'autres temps, auraient été gentiment redirigés vers la plasticine ou le picotage.

Si on prend les choses dans l'ordre, on peut partir du forum internet...

Faites le test: pondez un powème rapidos avec un dictionnaire des rimes sur les genoux, collez-le dans un forum de discussion et vous verrez arriver à une vitesse effarante les commentaires dithyrambiques d'internautes qui n'y connaissent que nippe en poésie, mais sont tout prêts à consommer votre merde comme ils boufferaient un big mac: plus vite c'est avalé, moins on se pose de questions sur le goût.

Et les livres?

Deuxième essai: demandez à un ado quelconque quel bouquin il a lu et trouvé génial. Vous pensez à un classique, genre Vian (pourtant nickel pour les ados en crise existentielle)... Et bien non: du Werber au mieux, la biographie de Loana au pire. Attention, je crache pas sur Werber, mais si ses idées foisonnent de manière plus ou moins cohérente, son style n'est pas des plus ardus non plus: c'est l'équivalent, en littérature d'un divertissement au cinéma, sans plus. La vrai littérature vous oblige à la décortiquer jusqu'à la dernière virgule. Ils bouffent donc aussi des livres comme du big-mac: inutile de mâcher, c'est déjà fait.

L'écriture?

Ici, pas besoin d'essai: suffit de constater comment les gens écrivent... 'scusez, je verse une larme sur les disparus de la catastrophe du sms: orthographe et grammaire... Titanic, à côté, c'est une barque qui s'est renversée dans un ruisseau asséché...

En résumé:

Ecriture = 0

Lecture = 0

Critique = 0

Et ce triple zéro est en réalité une spirale descendante: moins vous lisez, moins vous savez écrire, moins vous savez écrire, moins vous réfléchissez (et oui, faut aller fouiller dans mes archives, je l'ai déjà expliqué), moins vous réfléchissez, moins vous lisez...

"Beati pauperes spiritu", me direz-vous?

Ouep, c'était surtout un leitmotiv de l'église pour maintenir le peuple dans l'obscurantisme... Depuis, on a inventé la télévision, les portables, l'Internet,... Toujours plus loin, toujours plus vite... Trop vite.

Too fast, et moi, too furious...  Allez...

Stay tunned.

Par Mortelune - Publié dans : Choses et autres
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Mercredi 17 mai 2006

...sache que t'écrivais pas que des conneries!

Ainsi, cette citation pleine de sens:

Where is the wisdom we have lost in knowledge?
Where is the knowledge we have lost in information?

Ce qui se traduit, pour les anglophobes, par:

Où est la sagesse que nous avons perdu dans la connaissance?

Où est la connaissance que nous avons perdu dans l'information?

 

Sagesse, connaissance, information... le long cheminement de l'homo toujours pas sapiens.

A l'heure actuelle, de plus en plus de gens confondent allègrement les trois et plus particulièrement l'information et la connaissance.

Une information devient un fait avéré. Il n'est même plus question d'user d'esprit critique, à quel que niveau que ce soit: l'information est là, on la commente, on disgresse, on tire des conclusions, on sait tout, mais surtout on ne sait rien.

Partant d'un fait quelconque, on devine, sans jamais vérifier, le reste, les tenants et aboutissants, on ne recherche plus la connaissance et encore moins la sagesse. La sagesse de se dire que toute connaissance est sujete à caution, et la connaissance d'un contexte qui détermine une information.

On prend le chemin à l'envers en occultant au passage toute tentative de remise en cause: du pain béni pour les médias.

Pourtant, pour peu qu'on prenne un brin de distance sur l'information, qu'on évite de la commenter à chaud, comme c'est de plus en plus souvent le cas, on évite bien des écueils, le principal étant de se mettre à hurler avec la meute.

Seulement, faut absolument meubler la conversation avec la crémière, le capiliculteur, à la machine à café ou dans le bistrot du coin, donc faut de l'information, de l'information et encore un peu d'information.

Vous allez me dire que je devrais m'en foutre royalement... Ca empêche pas de dormir.

Non, c'est clair, mais l'ennui c'est que je suis d'un pessimisme outrancier.

Qu'est-ce qu'une société basée uniquement sur l'information?

Un cheptel!

Ben vi... Du mouton de panurge à grande échelle. Du mouton qui réagit là où on lui dit de le faire, sur quoi on lui dit de le faire, et avec le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière dont il était question plus haut.

En gros, et l'exemple "clearstream" tombe fabuleusement à pic: on fait de vous ce qu'on veut du moment qu'on maîtrise l'information.

Bouh! Le vilain président qui a de l'argent planqué au Japon (pourquoi au Japon et pas en Suisse ou au Luxembourg, déjà?). On va pas voter pour lui.

C'est marrant, d'ailleurs, aux précédentes élections, c'était l'affaire des HLM... Quelqu'un s'en souvient? Et surtout, quelqu'un se souvient du résultat de l'affaire?

La confusion qui règne entre l'information et la connaissance en l'absence de sagesse, c'est la porte ouverte à la manipulation de masse... Enfin, la porte, les fenêtres et on abat même les murs, tant qu'à faire.

Et en plus, c'est pas demain la veille qu'on enseignera l'esprit critique à nos chères têtes blondes à l'école... Faut pas déconner! Les ventes du dernier single de la starac s'effondreraient... L'horreur! Pire: ils se mettraient à réfléchir et risqueraient de ne plus croire ce que leur balance TF1 à l'heure du repas! Ils attendraient des suites, des émissions d'analyse, et surtout, surtout... Ils n'oublieraient pas!

Vous imaginez ça?

Ils n'auraient pas oublié la grippe aviaire pour le CPE!

Ils n'auraient pas oublié le CPE pour Clearstream!

Ils n'auraient pas oublié Clearstream pour les affaires de pédophilie!

Mais où irions-nous si une telle société devait se développer?

Vers l'anarchie, ma bonne dame, je vous le fais pas dire... Vous me remettrez un bon quart de ce gouda mi-vieux, hein, merci.

Au fait, ce sera quoi la prochaine affaire qui monopolisera l'attention?

Les paris sont ouverts!

Misez pas sur l'intelligence humaine, en tout cas...

 

Allez... Stay tunned!

Par Mortelune - Publié dans : Choses et autres
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